Je me suis laissée quelques semaines afin de bien appréhender le top départ de ma première insémination artificielle. Au final, je n'ai rien appréhendé du tout. Et j'ai autant envie de démarrer le protocole que d'aller me pendre...
Je dois attendre le début d'un nouveau cycle menstruel pour faire ma première piqure ; à J3 du cycle. Mes règles sont arrivées un jeudi (J1), je dois donc commencer mes injections le samedi. J'appelle la clinique PMA dès le premier jour des règles. L'assistante au téléphone me donne un rendez-vous avec la Docteure environ à J13 J14 du cycle (je ne sais plus exactement). Ce rendez-vous intervient après une dizaine de jours d'injections de stimulants. Il aura pour but de contrôler, sous échographie pelvienne, le nombre de follicules matures qui donneront potentiellement des ovules fécondables. Avec la PMA et la stimulation ovarienne, il arrive que le nombre d'ovules fécondables soit multiple. Il est donc fort possible de tomber enceinte d'une grossesse gémellaire (non merci ça va aller lol).
Je décide de me piquer le soir, toujours à la même heure (vers 20h00). Mon mari tient à participer à tout ça. Il sait que je ne suis pas à l'aise à l'idée de le faire moi-même. Il me propose donc de me piquer tous les jours ; c'est sa manière à lui d'avoir un rôle dans le protocole. J'accepte volontiers. Le samedi est arrivé. Ce jour là, nous le passions avec mon frère et ma belle sœur du côté de Chartres. Aucun souci pour me piquer ; j'avais soigneusement installé mon petit stylo dans une glacière, et une fois arrivés chez ma belle sœur, hop petit stylo dans le frigo. Le soir est venu, 20h00 tapante. Mon mari et moi allons nous installer dans la chambre parentale. On se lave les mains. Je me désinfecte le bas ventre avec une lingette antibactérienne (présente dans chacune des boites de stylos). On arme l'aiguille, on charge la dose de produit (celle indiquée par la docteure en PMA sur mon protocole papier). Je pince ma peau, à l'endroit où mon mari va piquer. Pop, il m'enfonce l'aiguille et appuie sur l'espère de bouton pressoir. Il retire l'aiguille. C'est terminé (un petit bleu apparaitra dès le lendemain, ça ne sera pas le dernier).
Les injections ne sont pas douloureuses, heureusement. Sur ce point, je suis rassurée, plus de peur que de mal comme on dit. Vient le moment de la seconde piqûre, celle du dimanche. Même procédé. On fait ça à deux. C'est une affaire qui marche. Les jours s'enchainent, et j'ai le droit à ma petite piqûre tous les soirs, en guise d'apéro (lol). Je ne sais pas pourquoi, mais au fond de moi, tout ce procédé me gène. De devoir absorber des produits chimiques pour faire travailler mes ovaires à fond la caisse, c'est contraire à ce que j'aurai souhaité. Je vois ça contre nature. Je n'arrête pas de me dire que notre infertilité est "inexpliquée", alors pourquoi je m'injecte toute cette merde ? Je sais que c'est pour une bonne cause, mais ça m'emmerde grave. Je n'y mets pas du cœur, loin de là. Pendant la période des injections, je suis bougon, grognon, tout m'énerve. Alexandra mauvais caractère bonjour !
Le jour de mon comptage folliculaire est arrivé. Je retourne à la clinique PMA pour me faire examiner par la Docteure. Je rentre dans son bureau. Elle me demande rapidement comment se déroule les injections ? Je lui réponds que ça se passe bien. "Passez dans la pièce à côté et déshabillez-vous pour le contrôle !" Aucun problème, c'est demandé si gentiment ! Je m'installe sur la table, pieds dans les étriers, moumoune à l'air (toute ma vie quoi !). Elle met un préservatif sur la sonde, une bonne couche de vaseline et hop welcome home petite sonde. Je vois apparaitre mon utérus sur l'écran. Un espèce de grand sac noir en contraste. Elle fait bouger la sonde à l'intérieur. Niveau délicatesse on repassera... Ce n'est pas douloureux mais c'est désagréable à souhait. La Docteure me parle : "Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?" Je bafouille. Merde elle s'intéresse à moi là ? Je lui explique en quoi consiste mon travail. Puis elle enchaine sur ce que font ses enfants... Nous avons un réel échange, truc de dingue. Elle revient à nos affaires et finit par m'expliquer que les injections ont très bien fonctionné, j'ai deux beaux follicules matures (un pour chaque ovaire). Youpi ! Elle retire la sonde et me demande de la rejoindre dans son bureau. "Vous continuez les injections encore ce soir, puis demain soir, vous faite l'injection qui déclenche l'ovulation (ça s'appelle Ovitrelle), et vous venez lundi matin à 10h00 pour l'insémination. Monsieur devra venir lundi matin à 8h00 pour son recueil." Ok chef, oui chef ! Au moins ça a le mérite d'être clair. Elle me précise, pour mon information, qu'avec l'injection d'ovulation, il faut faire l'insémination environ 36h00 après pour qu'elle soit efficace. Avec ces deux follicules matures, un espoir né en moi. Peut être qu'avec un peu de chance, ça va fonctionner du premier coup ; ça sera trop génial. Mon corps a l'air de réagir comme il faut, j'en suis contente. Je me risque à lui poser la question : "Vous pensez que ça peut marcher avec deux follicules ?" Elle répond : " Le nombre de follicules n'a pas vraiment d'importance, un seul suffit à tomber enceinte. Mais sachez que les pourcentages de réussite lors d'une première insémination sont presque nuls " Et merdeeee. Elle enchaine "Voyez ça comme un échauffement, vous aurez plus de chance à la deuxième, et encore plus à la troisième etc. Plus vous faites d'inséminations, plus le taux de chance augmente" Je lui répond avec un simple "d'accord".
Le rendez-vous terminé, je m'en vais travailler. Heureusement, j'ai un travail avec des horaires flexibles et beaucoup de congés annuels. Je n'ai pas été obligée d'informer mon employeur de mon parcours en PMA. Du coup, dès que j'ai besoin, soit je pose un demi congé, soit je rattrape mon temps. Mon chef ne me pose jamais de question, heureusement.
Mon mari et moi terminons la dernière injection de stimulant le soir même et le lendemain, on fait celle de l'ovulation. Contrairement aux stimulants, celle de l'ovulation est douloureuse. L'aiguille est plus épaisse, et il y a beaucoup plus de liquide à injecter. Je la sens passer. Je gémis et colle ma tête dans le cou de mari pour m'y blottir pendant qu'il me pique. Il sait que j'ai mal, et ça lui fait mal au cœur pour moi.
Le week-end touche à son fin et nous voilà arrivés au lundi matin. Mon mari part avant moi, il a rendez-vous à 8h00 pour sa petite affaire (lol). Il ira travailler ensuite. Pour ma part, j'ai posé quelques heures de récupération pour aller à la clinique. Je me lève, un peu stressée, j'ai mal dormi. L'enjeu est important. Même si j'ai bien conscience que les chances de réussite ne sont pas en ma faveur, j'y crois. J'ai envie d'y croire. Nous n'avons pas vraiment de problèmes d'infertilité, peut être qu'un bon coup de main de la médecine fonctionnera, et peut être du premier coup. "Petite Chance adorée, ça serait vraiment sympa de revenir de vacances là".
J'arrive un peu avant 10h00. Je me présente à l'accueil. L'assistante prend mon dossier, vérifie différents éléments, et m'indique où je dois me rendre pour attendre mon tour. La salle d'attente est minuscule, et je suis seule. Un bon 20 minutes passent, je ne tiens pas en place sur ma chaise. Je me lève, marche un peu, regarde par la fenêtre, puis me rassoie. Et je recommence, marcher, regarder, s'assoir... J'ai mal au ventre. Une infirmière arrive. Elle me fait entrer dans la pièce ; il y a un lit, différentes machines allumées, et un ordinateur, ça clignote plus qu'à Noël. Elle me demande de vérifier le nom sur la pipette contenant les spermatozoïdes : il s'agit bien du nom de mon mari et du mien (oui faudrait pas m'injecter le sperme d'un autre, on aurait pas l'air con !) Puis, elle m'invite à retirer le bas de mes vêtements et mon dessous et enfin de m'allonger sur le lit. J'ai un drap à ma disposition à déposer sur mes jambes, pour préserver mon intimité (Chérie, à ce stade de mon parcours mon intimité elle craint plus rien, je te jure). Elle me demande de patienter encore un peu ; la Docteure va arriver. Et elle sort. Me voilà seule à nouveau, sur mon lit, avec ce drap en guise de cache vue. Mes pensées se bousculent : est-ce que ça va faire mal ? Est-ce que je vais devoir attendre avec les jambes en l'air, après l'insémination pour aider les zozos à aller vers leur destination ? Est-ce que je vais tomber enceinte ? Je rêve déjà de voir mon test de grossesse positif, et fantasme rapidement sur la manière de l'annoncer à mon mari. Je m'y vois déjà putain.
Ma rêverie touche à sa fin, Docteure aimable arrive. Elle me dit bonjour et me demande comment je me sens (merde je vais finir par l'appeler Docteure sympa si ça continue). "Un peu stressée" je lui réponds. Elle me rassure ; la manipulation est complétement indolore. Elle se lave les mains et prépare la pipette des mini nous en ébullition. "Le recueil est excellent Madame, le rendement est de plus de 80 %" Le rendement ??? On est vraiment mais vraiment sur une autre planète à la PMA. Elle s'installe, assise face à moi. "Respirez Madame, on y va". Je confirme, je n'ai rien senti. Elle me demande de rester allongée en gardant les jambes pliées pendant une quinzaine de minutes. Une fois le temps écoulé, je pourrai me rhabiller et repartir à mes occupations, comme-ci de rien n'était. Elle me laisse une ordonnance : c'est une prise de sang pour contrôler mon taux d'hormones de grossesse dans deux semaines. Je dois effectuer la prise de sang au laboratoire de la clinique, pour que le service PMA ait les résultats rapidement. Je devrais alors téléphoner dans la journée pour connaitre le verdict. Elle me souhaite une bonne journée et s'en va. J'attends sur mon lit. Petit problème, je n'ai pas mon téléphone sur moi, il est dans mon sac à main par terre. Merde ! Je trouve la solution. Il y a un moniteur sur ma droite. L'heure indiquée n'est pas la bonne mais qu'importe. Je prends le temps indiqué et j'attends 15 minutes plus tard. Ding ding, c'est l'heure de se lever. Je m'habille et me voilà reparti au travail, comme-ci de rien n'était. Enfin pas tout à fait, je marche tout doucement dehors, dans le but de ne pas perdre le précieux liquide à l'intérieur de moi (je suis rien con sérieux !). Les gens qui m'ont croisé sur le parking ont dû pensé que j'avais une coloscopie (ah ah ah).
Je continue mon quotidien ; métro, boulot, dodo. Dans les jours qui suivent mon insémination, je suis à l'affût de la potentielle moindre petite modification dans mon corps : seins douloureux, augmentation de l'appétit, grognerie, n'importe quoi qui pourrait me laisser croire que ça a fonctionné. Je dois faire ma prise de sang le lundi (deux semaines tout rond après l'insémination). Mais je ne tiens pas. Je craque bien avant. Et dès le vendredi (trois jours avant), j'achète un test de grossesse (vendus par deux of course). Je le fait avec les urines du matin... Les 5 minutes d'attente sont terminées. Je le prend dans mes mains. Il est définitivement négatif. Bon... Je l'ai peut être fait trop tôt. Si je suis enceinte, ce n'est que de quelques jours. Je suis sûrement trop impatiente (non sans blague ?!) Aller, j'en ai un deuxième, je le ferai le dimanche matin. Là, le résultat sera vraiment sûr.
Dimanche : 5h00 du matin. Je me lève pour aller faire mon deuxième test. Discrètement pour ne pas réveiller mon mari (bah oui, il est pas au courant que je suis complétement dingue). Je m'installe sur les WC de ma salle de bain à l'étage et je fais mon pipi sur la bandelette. Je referme le capuchon, et dépose le précieux objet sur la commande. J'ai un petit espoir, car contrairement à tous mes cycles menstruels, cette fois-ci, je ne perds pas de spotting juste avant d'avoir mes règles. Du coup ça a sûrement marché... J'attends quelques minutes et vais regarder le résultat... Test négatif... Direction la poubelle. Alex direction le lit en pleurant. Bonne fin de nuit. A la prochaine !
Je décide de me piquer le soir, toujours à la même heure (vers 20h00). Mon mari tient à participer à tout ça. Il sait que je ne suis pas à l'aise à l'idée de le faire moi-même. Il me propose donc de me piquer tous les jours ; c'est sa manière à lui d'avoir un rôle dans le protocole. J'accepte volontiers. Le samedi est arrivé. Ce jour là, nous le passions avec mon frère et ma belle sœur du côté de Chartres. Aucun souci pour me piquer ; j'avais soigneusement installé mon petit stylo dans une glacière, et une fois arrivés chez ma belle sœur, hop petit stylo dans le frigo. Le soir est venu, 20h00 tapante. Mon mari et moi allons nous installer dans la chambre parentale. On se lave les mains. Je me désinfecte le bas ventre avec une lingette antibactérienne (présente dans chacune des boites de stylos). On arme l'aiguille, on charge la dose de produit (celle indiquée par la docteure en PMA sur mon protocole papier). Je pince ma peau, à l'endroit où mon mari va piquer. Pop, il m'enfonce l'aiguille et appuie sur l'espère de bouton pressoir. Il retire l'aiguille. C'est terminé (un petit bleu apparaitra dès le lendemain, ça ne sera pas le dernier).
Les injections ne sont pas douloureuses, heureusement. Sur ce point, je suis rassurée, plus de peur que de mal comme on dit. Vient le moment de la seconde piqûre, celle du dimanche. Même procédé. On fait ça à deux. C'est une affaire qui marche. Les jours s'enchainent, et j'ai le droit à ma petite piqûre tous les soirs, en guise d'apéro (lol). Je ne sais pas pourquoi, mais au fond de moi, tout ce procédé me gène. De devoir absorber des produits chimiques pour faire travailler mes ovaires à fond la caisse, c'est contraire à ce que j'aurai souhaité. Je vois ça contre nature. Je n'arrête pas de me dire que notre infertilité est "inexpliquée", alors pourquoi je m'injecte toute cette merde ? Je sais que c'est pour une bonne cause, mais ça m'emmerde grave. Je n'y mets pas du cœur, loin de là. Pendant la période des injections, je suis bougon, grognon, tout m'énerve. Alexandra mauvais caractère bonjour !
Le jour de mon comptage folliculaire est arrivé. Je retourne à la clinique PMA pour me faire examiner par la Docteure. Je rentre dans son bureau. Elle me demande rapidement comment se déroule les injections ? Je lui réponds que ça se passe bien. "Passez dans la pièce à côté et déshabillez-vous pour le contrôle !" Aucun problème, c'est demandé si gentiment ! Je m'installe sur la table, pieds dans les étriers, moumoune à l'air (toute ma vie quoi !). Elle met un préservatif sur la sonde, une bonne couche de vaseline et hop welcome home petite sonde. Je vois apparaitre mon utérus sur l'écran. Un espèce de grand sac noir en contraste. Elle fait bouger la sonde à l'intérieur. Niveau délicatesse on repassera... Ce n'est pas douloureux mais c'est désagréable à souhait. La Docteure me parle : "Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?" Je bafouille. Merde elle s'intéresse à moi là ? Je lui explique en quoi consiste mon travail. Puis elle enchaine sur ce que font ses enfants... Nous avons un réel échange, truc de dingue. Elle revient à nos affaires et finit par m'expliquer que les injections ont très bien fonctionné, j'ai deux beaux follicules matures (un pour chaque ovaire). Youpi ! Elle retire la sonde et me demande de la rejoindre dans son bureau. "Vous continuez les injections encore ce soir, puis demain soir, vous faite l'injection qui déclenche l'ovulation (ça s'appelle Ovitrelle), et vous venez lundi matin à 10h00 pour l'insémination. Monsieur devra venir lundi matin à 8h00 pour son recueil." Ok chef, oui chef ! Au moins ça a le mérite d'être clair. Elle me précise, pour mon information, qu'avec l'injection d'ovulation, il faut faire l'insémination environ 36h00 après pour qu'elle soit efficace. Avec ces deux follicules matures, un espoir né en moi. Peut être qu'avec un peu de chance, ça va fonctionner du premier coup ; ça sera trop génial. Mon corps a l'air de réagir comme il faut, j'en suis contente. Je me risque à lui poser la question : "Vous pensez que ça peut marcher avec deux follicules ?" Elle répond : " Le nombre de follicules n'a pas vraiment d'importance, un seul suffit à tomber enceinte. Mais sachez que les pourcentages de réussite lors d'une première insémination sont presque nuls " Et merdeeee. Elle enchaine "Voyez ça comme un échauffement, vous aurez plus de chance à la deuxième, et encore plus à la troisième etc. Plus vous faites d'inséminations, plus le taux de chance augmente" Je lui répond avec un simple "d'accord".
Le rendez-vous terminé, je m'en vais travailler. Heureusement, j'ai un travail avec des horaires flexibles et beaucoup de congés annuels. Je n'ai pas été obligée d'informer mon employeur de mon parcours en PMA. Du coup, dès que j'ai besoin, soit je pose un demi congé, soit je rattrape mon temps. Mon chef ne me pose jamais de question, heureusement.
Mon mari et moi terminons la dernière injection de stimulant le soir même et le lendemain, on fait celle de l'ovulation. Contrairement aux stimulants, celle de l'ovulation est douloureuse. L'aiguille est plus épaisse, et il y a beaucoup plus de liquide à injecter. Je la sens passer. Je gémis et colle ma tête dans le cou de mari pour m'y blottir pendant qu'il me pique. Il sait que j'ai mal, et ça lui fait mal au cœur pour moi.
Le week-end touche à son fin et nous voilà arrivés au lundi matin. Mon mari part avant moi, il a rendez-vous à 8h00 pour sa petite affaire (lol). Il ira travailler ensuite. Pour ma part, j'ai posé quelques heures de récupération pour aller à la clinique. Je me lève, un peu stressée, j'ai mal dormi. L'enjeu est important. Même si j'ai bien conscience que les chances de réussite ne sont pas en ma faveur, j'y crois. J'ai envie d'y croire. Nous n'avons pas vraiment de problèmes d'infertilité, peut être qu'un bon coup de main de la médecine fonctionnera, et peut être du premier coup. "Petite Chance adorée, ça serait vraiment sympa de revenir de vacances là".
J'arrive un peu avant 10h00. Je me présente à l'accueil. L'assistante prend mon dossier, vérifie différents éléments, et m'indique où je dois me rendre pour attendre mon tour. La salle d'attente est minuscule, et je suis seule. Un bon 20 minutes passent, je ne tiens pas en place sur ma chaise. Je me lève, marche un peu, regarde par la fenêtre, puis me rassoie. Et je recommence, marcher, regarder, s'assoir... J'ai mal au ventre. Une infirmière arrive. Elle me fait entrer dans la pièce ; il y a un lit, différentes machines allumées, et un ordinateur, ça clignote plus qu'à Noël. Elle me demande de vérifier le nom sur la pipette contenant les spermatozoïdes : il s'agit bien du nom de mon mari et du mien (oui faudrait pas m'injecter le sperme d'un autre, on aurait pas l'air con !) Puis, elle m'invite à retirer le bas de mes vêtements et mon dessous et enfin de m'allonger sur le lit. J'ai un drap à ma disposition à déposer sur mes jambes, pour préserver mon intimité (Chérie, à ce stade de mon parcours mon intimité elle craint plus rien, je te jure). Elle me demande de patienter encore un peu ; la Docteure va arriver. Et elle sort. Me voilà seule à nouveau, sur mon lit, avec ce drap en guise de cache vue. Mes pensées se bousculent : est-ce que ça va faire mal ? Est-ce que je vais devoir attendre avec les jambes en l'air, après l'insémination pour aider les zozos à aller vers leur destination ? Est-ce que je vais tomber enceinte ? Je rêve déjà de voir mon test de grossesse positif, et fantasme rapidement sur la manière de l'annoncer à mon mari. Je m'y vois déjà putain.
Ma rêverie touche à sa fin, Docteure aimable arrive. Elle me dit bonjour et me demande comment je me sens (merde je vais finir par l'appeler Docteure sympa si ça continue). "Un peu stressée" je lui réponds. Elle me rassure ; la manipulation est complétement indolore. Elle se lave les mains et prépare la pipette des mini nous en ébullition. "Le recueil est excellent Madame, le rendement est de plus de 80 %" Le rendement ??? On est vraiment mais vraiment sur une autre planète à la PMA. Elle s'installe, assise face à moi. "Respirez Madame, on y va". Je confirme, je n'ai rien senti. Elle me demande de rester allongée en gardant les jambes pliées pendant une quinzaine de minutes. Une fois le temps écoulé, je pourrai me rhabiller et repartir à mes occupations, comme-ci de rien n'était. Elle me laisse une ordonnance : c'est une prise de sang pour contrôler mon taux d'hormones de grossesse dans deux semaines. Je dois effectuer la prise de sang au laboratoire de la clinique, pour que le service PMA ait les résultats rapidement. Je devrais alors téléphoner dans la journée pour connaitre le verdict. Elle me souhaite une bonne journée et s'en va. J'attends sur mon lit. Petit problème, je n'ai pas mon téléphone sur moi, il est dans mon sac à main par terre. Merde ! Je trouve la solution. Il y a un moniteur sur ma droite. L'heure indiquée n'est pas la bonne mais qu'importe. Je prends le temps indiqué et j'attends 15 minutes plus tard. Ding ding, c'est l'heure de se lever. Je m'habille et me voilà reparti au travail, comme-ci de rien n'était. Enfin pas tout à fait, je marche tout doucement dehors, dans le but de ne pas perdre le précieux liquide à l'intérieur de moi (je suis rien con sérieux !). Les gens qui m'ont croisé sur le parking ont dû pensé que j'avais une coloscopie (ah ah ah).
Je continue mon quotidien ; métro, boulot, dodo. Dans les jours qui suivent mon insémination, je suis à l'affût de la potentielle moindre petite modification dans mon corps : seins douloureux, augmentation de l'appétit, grognerie, n'importe quoi qui pourrait me laisser croire que ça a fonctionné. Je dois faire ma prise de sang le lundi (deux semaines tout rond après l'insémination). Mais je ne tiens pas. Je craque bien avant. Et dès le vendredi (trois jours avant), j'achète un test de grossesse (vendus par deux of course). Je le fait avec les urines du matin... Les 5 minutes d'attente sont terminées. Je le prend dans mes mains. Il est définitivement négatif. Bon... Je l'ai peut être fait trop tôt. Si je suis enceinte, ce n'est que de quelques jours. Je suis sûrement trop impatiente (non sans blague ?!) Aller, j'en ai un deuxième, je le ferai le dimanche matin. Là, le résultat sera vraiment sûr.
Dimanche : 5h00 du matin. Je me lève pour aller faire mon deuxième test. Discrètement pour ne pas réveiller mon mari (bah oui, il est pas au courant que je suis complétement dingue). Je m'installe sur les WC de ma salle de bain à l'étage et je fais mon pipi sur la bandelette. Je referme le capuchon, et dépose le précieux objet sur la commande. J'ai un petit espoir, car contrairement à tous mes cycles menstruels, cette fois-ci, je ne perds pas de spotting juste avant d'avoir mes règles. Du coup ça a sûrement marché... J'attends quelques minutes et vais regarder le résultat... Test négatif... Direction la poubelle. Alex direction le lit en pleurant. Bonne fin de nuit. A la prochaine !
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