Mon hystéroscopie est digérée. J'ai eu mal plusieurs jours et j'ai saigné pendant tout ce temps.
De son côté, mon mari s'est rendu à la clinique PMA pour passer un spermogramme. Il s'agit, pour l'homme, d’effectuer, par masturbation, un recueil de sperme afin d'être analysé en laboratoire. Cela permet de savoir si les spermatozoïdes sont en quantité suffisante, et s'ils n'ont pas de problèmes de tailles, de longévité de vie etc. Je l'ai accompagné ce jour là, il n'avait pas envie d'y aller seul. C'était difficile pour lui et je le comprends parfaitement. Il était inquiet et pas à l'aise. Les résultats lui faisaient peur aussi. Et si il avait des problèmes de fertilité ? Je sais que c'est quelque chose qu'il aurait très mal vécu.
Nous nous rendons alors tous les deux à la clinique, un matin, avant d'aller travailler. Après enregistrement de notre dossier, nous allons patientons dans la salle d'attente dédiée au spermogramme. Il y avait d'autres hommes dans la salle. Chacun regarde ses pieds. Nous savons tous pourquoi nous sommes là et pourquoi ils sont là (moment de gêne bonjour). Vient notre tour. L'infirmière qui nous prend en charge me demande si je veux aller avec mon mari... pour l'aider... Je ne sais pas quoi répondre. Mon mari me demande de venir avec lui. Nous entrons dans une petite chambre, avec un lit, un évier, et un petit placard. La madame lui explique comment faire : "Alors vous procédez à un nettoyage complet de votre sexe avec le produit à votre disposition, et vous vous lavez également soigneusement les mains. Vous faites votre affaire et vous recueillez votre semence dans le petit pot. Idéalement, il en faudrait environ 3ml." Mon mari lui répond qu'il fera ce qu'il peut... Il est blanc comme un linge, et moi je ne fais pas la maligne à côté. Elle reprend : "Une fois terminée, vous déposez le pot sur le lavabo et en partant laissez bien la porte ouverte. Ah oui et Madame, si vous voulez l'aider, vous devez vous laver les mains également. Sinon Monsieur, dans le placard, il y a des magazines à votre disposition". Et elle sort. Nous restons là, tous les deux, comme deux cons... Ça aurait pu être une situation comique. Mais nous ne rigolions pas, mais alors pas du tout. On attaque le chantier. Je vous épargne les détails, mais au bout d'un long moment, nous arrivons à récupérer une quantité suffisante de mini nous (lol). Mon mari se rhabille en vitesse : "On se casse d'ici !" Nous laissons le précieux recueil dans la chambre et sortons. Un petit débriefing dehors s'impose. "Quelle merde Alex, je ne veux plus avoir à refaire ça". Non mais je rêve, il n'est quand même pas en train de se plaindre là ? Je lui rappelle gentiment, que malgré le fait que sa fierté en ai pris un coup, cela reste un examen non douloureux et non invasif et clairement qu'on se dise les choses : c'est une masturbation. Point ! Je lui remémore ce par quoi je suis passée de mon côté depuis le début de nos essais et ce qui m'attend encore. Que moi, mon intimité est mise à rude épreuve tout le temps et que ma fierté il y a bien longtemps que je n'en ai plus. A ce moment précis, je suis énervée contre lui. Quoiqu'il advienne de ses résultats de spermogramme, il ne subira rien de plus qu'un recueil de sperme pour les protocoles de PMA. A l'inverse, je vais déguster... ce n'est pas comme-ci je n'avais pas l'habitude... Mais quand même !
Ma colère contre lui n'aura pas duré longtemps. Je me mets à sa place aussi. Nous ne vivons pas quelque chose de facile, ni pour moi, ni pour lui. Et je pense qu'il a tout simplement peur de la suite des évènements. C'est bien normal.
Le temps passe. Le printemps est déjà là. Les résultats du spermogramme sont arrivés chez nous. Pas besoin d'être médecin pour les lire. Ils sont bons, aucun problème à déclarer. Nous devons retourner voir la docteure pour lui montrer les résultats de nos examens respectifs. On prend sur nous, mais on appréhende de la revoir (quelle tristesse d'en arriver là). Nous avons notre deuxième rendez-vous en fin de journée. Nous décidons de rentrer à la maison après le travail et de repartir ensemble à la clinique. Chance pour nous, il fait beau. On chausse les manteaux et les casques pour nous y rendre en moto. Nous arrivons là bas le cœur léger, une balade en moto ça fait toujours du bien.
L'attente avant le rendez-vous, comme la dernière fois, est longue. Et la salle d'attente est pleine à craquer. Des couples, ou des femmes seules, tous attendent patiemment leur rendez-vous avec Madame la Bien Aimable. Tout le monde a son dossier papier avec lui (le fameux dossier médical qui ne nous quittera jamais tout le temps des protocoles). Certains plus épais que d'autres (ils n'en sont certainement pas à leur début en PMA). Ça ne s'arrête jamais, ça défile à longueur de journée. C'est tellement triste. Nous échangeons des regards compatissants avec les autres personnes, nous vivons tous la même chose. Être ici dans l'espoir de devenir parents. Aucun de nous ne connaitra la chance d'un parcours simple, et sans douleur. Se battre sans relâche, pour ressentir le bonheur de vous rencontrer, vous, nos futurs enfants. C'est une bataille acharnée, qui ne s'arrête que lorsque l'on tient son bébé dans ses bras. Lorsque mon regard croisera celui de mon enfant pour la première fois, enfin je saurai que j'ai réussi. Que le combat est fini. A ce moment là seulement, je pourrai souffler. Mais pas encore, pas maintenant. Maintenant, nous sommes appeler par la docteure, et nous allons savoir quel protocole va être mis en place pour nous.
Elle est toujours aussi aimable... Elle regarde le compte-rendu du spermogramme de mon mari : "Excellent Monsieur, tout va bien de ce côté là". Elle regarde mes examens. "Tout est bon de votre côté aussi Madame". Super, nous voilà bien avancé. Elle sort de son tiroir un espèce de dictaphone et commence à parler dedans : "Aujourd'hui blabla, je reçois M. et Mme blabla, examens ok... infertilité inexpliquée... blabla... commençons par un protocole d'IAC blablabla". Un protocole de quoi ??? Elle nous explique brièvement. L'IAC ou Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint, consiste (au début d'un nouveau cycle menstruel) en une stimulation ovarienne par stylos injectables pour la femme, suivie d'une injection spéciale pour déclencher l'ovulation et ça finit par l'insertion du recueil de spermatozoïdes du conjoint (traités et sélectionnés en laboratoire) directement dans l'utérus (pause de spéculum et insertion d'une pipette contenant le précieux recueil). Joli programme en perspective. Elle nous précise que dans le cadre de la prise en charge d'un parcours de PMA par la sécurité sociale, nous avons le droit de faire 5 ou 6 tentatives d'IAC avant de passer aux FIV (Fécondation In Vitro). Je croise secrètement les doigts pour ne pas en arriver là... Elle prépare les ordonnances des stimulants pour moi et celui du recueil pour mon mari. Elle me donne une feuille en format A4, avec toutes les informations nécessaires pour bien suivre le protocole : quand je dois commencer à me piquer avec les stylos, quand je dois venir à la clinique faire un contrôle folliculaire (j'y reviendrai plus tard) etc etc. Je me rappelle m'être dit : voilà le mode d'emploi pour avoir mon bébé, on est bien loin du câlin sous la couette. "Quand voulez-vous commencer la première IAC Madame ?" Je lui réponds que pour le moment, je ne suis pas encore prête ; j'ai besoin de temps. Et nous arrivons à une période de l'année plutôt chargée pour nous. Je n'ai pas envie de me lancer dans l'immédiat. On est plus à quelques mois prêts hein. Contre toute attente, elle m'encourage dans ce sens : "Vous avez raison, prenez le temps qu'il vous faut et vous commencerez quand vous serez prête" (bah merde, c'est la première phrase sympa qu'on entend sortir de ta bouche !).
Nous rentrons à la maison ce soir là. Je suis partagée entre le soulagement, quelque part, que nous soyons enfin pris en charge dans notre projet, et d'un autre côté, ça ne m'enchante pas du tout. Devoir me piquer le bas ventre pendant plusieurs jours pour stimuler mes ovaires, passer ma vie à la clinique pour les contrôles qui vont avec... Et encore pour le moment on ne parle que d'insémination artificielle. Si ça ne fonctionne pas, nous passerons sur des FIV... Je bougonne dans mon coin en pensant à ce qui m'attend.
Il est certain maintenant que je tomberais enceinte grâce à la médecine (merci à elle quand même). A moins que la chance nous sourit enfin, mais je n'y crois plus. Qu'est ce que je raconterai à mon enfant quand il sera plus grand et qu'il me demandera : "Maman tu te rappelles du jour où j'ai été conçu ?" : "Bien sûr mon cœur, c'était une journée magnifique, où maman est allée à la clinique et où elle s'est fait insérer les zozos de papa dans la moumoune..." Je m'auto flagelle en ayant ce genre de pensées, mais je n'y peux rien. Clairement tout ça me fait chier au plus haut point.
Ma colère contre lui n'aura pas duré longtemps. Je me mets à sa place aussi. Nous ne vivons pas quelque chose de facile, ni pour moi, ni pour lui. Et je pense qu'il a tout simplement peur de la suite des évènements. C'est bien normal.
Le temps passe. Le printemps est déjà là. Les résultats du spermogramme sont arrivés chez nous. Pas besoin d'être médecin pour les lire. Ils sont bons, aucun problème à déclarer. Nous devons retourner voir la docteure pour lui montrer les résultats de nos examens respectifs. On prend sur nous, mais on appréhende de la revoir (quelle tristesse d'en arriver là). Nous avons notre deuxième rendez-vous en fin de journée. Nous décidons de rentrer à la maison après le travail et de repartir ensemble à la clinique. Chance pour nous, il fait beau. On chausse les manteaux et les casques pour nous y rendre en moto. Nous arrivons là bas le cœur léger, une balade en moto ça fait toujours du bien.
L'attente avant le rendez-vous, comme la dernière fois, est longue. Et la salle d'attente est pleine à craquer. Des couples, ou des femmes seules, tous attendent patiemment leur rendez-vous avec Madame la Bien Aimable. Tout le monde a son dossier papier avec lui (le fameux dossier médical qui ne nous quittera jamais tout le temps des protocoles). Certains plus épais que d'autres (ils n'en sont certainement pas à leur début en PMA). Ça ne s'arrête jamais, ça défile à longueur de journée. C'est tellement triste. Nous échangeons des regards compatissants avec les autres personnes, nous vivons tous la même chose. Être ici dans l'espoir de devenir parents. Aucun de nous ne connaitra la chance d'un parcours simple, et sans douleur. Se battre sans relâche, pour ressentir le bonheur de vous rencontrer, vous, nos futurs enfants. C'est une bataille acharnée, qui ne s'arrête que lorsque l'on tient son bébé dans ses bras. Lorsque mon regard croisera celui de mon enfant pour la première fois, enfin je saurai que j'ai réussi. Que le combat est fini. A ce moment là seulement, je pourrai souffler. Mais pas encore, pas maintenant. Maintenant, nous sommes appeler par la docteure, et nous allons savoir quel protocole va être mis en place pour nous.
Elle est toujours aussi aimable... Elle regarde le compte-rendu du spermogramme de mon mari : "Excellent Monsieur, tout va bien de ce côté là". Elle regarde mes examens. "Tout est bon de votre côté aussi Madame". Super, nous voilà bien avancé. Elle sort de son tiroir un espèce de dictaphone et commence à parler dedans : "Aujourd'hui blabla, je reçois M. et Mme blabla, examens ok... infertilité inexpliquée... blabla... commençons par un protocole d'IAC blablabla". Un protocole de quoi ??? Elle nous explique brièvement. L'IAC ou Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint, consiste (au début d'un nouveau cycle menstruel) en une stimulation ovarienne par stylos injectables pour la femme, suivie d'une injection spéciale pour déclencher l'ovulation et ça finit par l'insertion du recueil de spermatozoïdes du conjoint (traités et sélectionnés en laboratoire) directement dans l'utérus (pause de spéculum et insertion d'une pipette contenant le précieux recueil). Joli programme en perspective. Elle nous précise que dans le cadre de la prise en charge d'un parcours de PMA par la sécurité sociale, nous avons le droit de faire 5 ou 6 tentatives d'IAC avant de passer aux FIV (Fécondation In Vitro). Je croise secrètement les doigts pour ne pas en arriver là... Elle prépare les ordonnances des stimulants pour moi et celui du recueil pour mon mari. Elle me donne une feuille en format A4, avec toutes les informations nécessaires pour bien suivre le protocole : quand je dois commencer à me piquer avec les stylos, quand je dois venir à la clinique faire un contrôle folliculaire (j'y reviendrai plus tard) etc etc. Je me rappelle m'être dit : voilà le mode d'emploi pour avoir mon bébé, on est bien loin du câlin sous la couette. "Quand voulez-vous commencer la première IAC Madame ?" Je lui réponds que pour le moment, je ne suis pas encore prête ; j'ai besoin de temps. Et nous arrivons à une période de l'année plutôt chargée pour nous. Je n'ai pas envie de me lancer dans l'immédiat. On est plus à quelques mois prêts hein. Contre toute attente, elle m'encourage dans ce sens : "Vous avez raison, prenez le temps qu'il vous faut et vous commencerez quand vous serez prête" (bah merde, c'est la première phrase sympa qu'on entend sortir de ta bouche !).
Nous rentrons à la maison ce soir là. Je suis partagée entre le soulagement, quelque part, que nous soyons enfin pris en charge dans notre projet, et d'un autre côté, ça ne m'enchante pas du tout. Devoir me piquer le bas ventre pendant plusieurs jours pour stimuler mes ovaires, passer ma vie à la clinique pour les contrôles qui vont avec... Et encore pour le moment on ne parle que d'insémination artificielle. Si ça ne fonctionne pas, nous passerons sur des FIV... Je bougonne dans mon coin en pensant à ce qui m'attend.
Il est certain maintenant que je tomberais enceinte grâce à la médecine (merci à elle quand même). A moins que la chance nous sourit enfin, mais je n'y crois plus. Qu'est ce que je raconterai à mon enfant quand il sera plus grand et qu'il me demandera : "Maman tu te rappelles du jour où j'ai été conçu ?" : "Bien sûr mon cœur, c'était une journée magnifique, où maman est allée à la clinique et où elle s'est fait insérer les zozos de papa dans la moumoune..." Je m'auto flagelle en ayant ce genre de pensées, mais je n'y peux rien. Clairement tout ça me fait chier au plus haut point.
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