... j'ai arrêté ma pilule en juillet 2015... on est déjà tout début d'année 2017. C'est pas que je commence à flipper mais un peu là quand même.
Je ne prends pas rendez-vous chez la gynéco, comme elle le l’avait demandé quelques mois plus tôt. Ça me saoul. On tourne en rond et à part me dire qu'il faut du temps et de la patience elle ne m'apporte rien d'autre. Bon en même temps elle n'y est pour rien, mais je commence à être vraiment saoulée.
Autour de moi, les grossesses se multiplient. Amies, famille et collègues. Je me réjouie pour elles. Car oui il faut se réjouir. L'arrivée d'un enfant c'est toujours une merveilleuse nouvelle. Et mon tour à moi c'est pour quand ? A chaque fois c'est une claque de plus en plus violente dans ma face. Ce putain de paradoxe qui fait que je suis heureuse pour elles mais triste pour moi. Et plus les annonces me tombent dessus, moins je les tolère. Les larmes viennent à chaque nouvelle annonce. Je n'arrive même plus à les contenir. Tout me renvoi à mon propre projet et à nos échecs mensuels.
Sans parler des fameuses phrases qui m'ont rendues dingue plus d'une fois, du genre :
Sans parler des fameuses phrases qui m'ont rendues dingue plus d'une fois, du genre :
"Et toi Alexandra le bébé c'est pour quand ?"
"Il va falloir t'y mettre, bientôt la trentaine !"
"C'est ton mari qui n'en veut pas ?"
Non mais oh !!! Foutez nous la paix merde ! Tu connais ma vie ? Tu sais pas ce que j'endure tous les mois depuis un an et demi ? T'as conscience que je suis pliée en deux des l'arrivée de mes règles, que je pleure à chaque fois qu'elles arrivent, que j'en ai ras le bol de devoir me montrer heureuse pour les autres ! Allez bien tous vous faire f*****
Me suis un peu emballée là nan ? J'aurai voulu pouvoir répondre ça, mais la bienséance fait que je répondais simplement : "oh bah tu sais on est pas pressé, on profite pour le moment" (phrase bateau hein)
Pendant cette période, mon mari est un soutien infaillible. Il est confiant, il y croit, on y arrivera c'est obligé. Moi je commence à ne plus y croire. La tristesse est trop présente. Les mois se suivent et se ressemblent. La grossesse devient pour moi une obsession. J'en arrive même à faire des tests de grossesse presque à chaque cycle, avant d'avoir mes règles, juste pour espérer voir une deuxième ligne apparaître. Mais elle n'apparait jamais cette s***** de ligne.
18 mois d'essai, 18 mois de déception.
Je commence à en parler autour de moi, dans mon cercle familial et amical. Beaucoup sont compatissants, ils le sont même tous. Mais la plupart des gens jugent, pensent avoir la science infuse : "si tu ne tombes pas enceinte, c'est que tu y pense trop !".
Trop y penser ? Ok d'accord merci ça va bien m'aider. Comment je peux trop y penser et du coup me bloquer. La psyché est suffisamment puissante pour bloquer le corps ? Je n'y crois pas. Je suis sûre qu'il y a autre chose qui coince à l'intérieur de moi. Je ne peux pas l'expliquer, mais j'en reste persuadée.
Jusqu'à ce moment où à force de me dire que c'est dans ma tête et bien je commence à me culpabiliser. Des questions me pourrissent alors :
"Est-ce que au final j'ai vraiment envie d'un enfant ?"
"Si mon corps refuse cette grossesse c'est qu'il y a une raison"
Etc etc etc
J'en viens à me détester. Je ne sais plus quoi penser. J'essaie de lâcher prise, de me concentrer sur autre chose. Mais je n'y arrive pas, tous les mois me ramènent à mes démons. Et la grossesse ne vient pas. Et je sombre de plus en plus.
Illustration by Dju Lala
Je commence à en parler autour de moi, dans mon cercle familial et amical. Beaucoup sont compatissants, ils le sont même tous. Mais la plupart des gens jugent, pensent avoir la science infuse : "si tu ne tombes pas enceinte, c'est que tu y pense trop !".
Trop y penser ? Ok d'accord merci ça va bien m'aider. Comment je peux trop y penser et du coup me bloquer. La psyché est suffisamment puissante pour bloquer le corps ? Je n'y crois pas. Je suis sûre qu'il y a autre chose qui coince à l'intérieur de moi. Je ne peux pas l'expliquer, mais j'en reste persuadée.
Jusqu'à ce moment où à force de me dire que c'est dans ma tête et bien je commence à me culpabiliser. Des questions me pourrissent alors :
"Est-ce que au final j'ai vraiment envie d'un enfant ?"
"Si mon corps refuse cette grossesse c'est qu'il y a une raison"
Etc etc etc
J'en viens à me détester. Je ne sais plus quoi penser. J'essaie de lâcher prise, de me concentrer sur autre chose. Mais je n'y arrive pas, tous les mois me ramènent à mes démons. Et la grossesse ne vient pas. Et je sombre de plus en plus.
Illustration by Dju Lala

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